Traverses - atelier d'interprétation

Bruno Meyssat

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Le Cadix
Saint Laurent d’Agny


Atelier d'interprétation
du mer. 29 avril au ven. 22 mai




1/
Des exercices placent les élèves dans des situations qui leur permettent d’observer en temps réel les relations multiples et fugaces entre leur subconscient, leur histoire personnelle et la zone où s’effectue le contrôle des actions et des intentions. L’aire visitée n’est pas technique mais émotionnelle et sensible. Cette préparation d’acteur vise à développer les capacités et l’envie d’improvisation, elle a aussi pour objectif d’explorer les gratifications qui accompagnent ces visites répétées aux ressources subliminales qui nous constituent.

On favorisera, pour chacun, l’observation des affects qui modifient la réalité d’une activité menée avec un partenaire (à travers le langage ou lors d’actions conjuguées) et les fluctuations de disponibilité qui en résultent.  La personne de l’acteur est l’objet de toute l’attention autant que sa capacité à relier. Relier c’est, d’une certaine façon, exercer sa liberté : celle de reconnaître et de nommer sans entraves ce qui nous affecte.

 Cet enseignement est complété par une initiation au tir mené par Yves Delnord qui fut entraineur national de la discipline ainsi que du biathlon. Il s’agit d’une exploration de l’activité emblématique du tir. Elle s’attache particulièrement aux phénomènes discrets relatifs à la concentration, à la coordination et au désir. C’est aussi une initiation à certaines réalités neurologiques qui nous caractérisent, celles qui président à l’exécution d’actions complexes, à l’installation d’automatismes et aux procédures d’apprentissage. Le tir est un acte concret et abstrait à la fois dont la réalisation est autant fugace que chronique. Il peut atteindre des réalités paradoxales.

2/
La fréquentation de la littérature journalistique traitant du monde tel qu’il va. Un journal révèle l’activité intérieure et proliférante de chacun de nous en relatant les convulsions du monde extérieur car ces deux réalités sont homologues.  Ces articles (des textes) seront utilisés au sein des exercices. Ils permettront des croisements, des porosités entre des faits relatés et des états intimes non exprimés et parfois même informulés. C’est donc un questionnement au sujet des capacités dites « politiques » du théâtre. Face à l’actualité cruelle qui nous cerne, aux tournures bien particulières que prennent les tourments de notre époque, nous interroger sur la façon de les amener au plateau sans user du sempiternel recours aux classiques (« qui les auraient mieux exprimés que nous.. » etc...).

S’appuyer sur des généralités pour instruire, exposer des faits récents nous semble court. Tout au contraire, nous désirons, en partant d’un événement très documenté (un détail parfois) être conduit par capillarité à un ensemble édifiant. Cet effort de liaison, de montage, à « L’occasion » du Monde et de ses symptômes permet à l’acteur d’exercer ses capacités d’auteur: celles qui procèdent directement de l’unicité de son expérience propre en tant qu’homme ou femme et non seulement comme détenteur d’une technique. L’acteur dépourvu des adjuvants de l’auteur exerce des compétences qui l’engagent autrement.

Et ces compétences sont largement disponibles.

 

                                                                                            Bruno Meyssat 15 avril 2015 


 

Bruno Meyssat

Bruno Meyssat est né en juillet 1959.
Il fonde sa compagnie Théâtres du Shaman en 1981. Jusqu’en 1990, il crée une vingtaine de spectacles dont Fractures (1983), Insomnie (1985), La séparation (1986) , Refrain (1987), La visite (1988) et Ajax, fils de Télamnon (1990) d’après Sophocle au festival d’Avignon. Il est ensuite metteur en scène associé au C.D.N de Grenoble de 1991 à 1994 où il crée Passacaille (1992), Mille cloisons pour une chambre (1993) d’après Mohamed Al Maghout et en arabe, Les Disparus (1993). Puis il crée Sonatine (1995), Les Mille et une Propositions (1995) d’après Copi, Orage d’August Strindberg (1996).
Il voyage beaucoup, s’investit dans la formation d’acteurs. Viennent ensuite : Short Plays de Samuel Beckett (1997) en anglais et en swahili au Centre Culturel Français de Nairobi/Kenya, Imentet, un passage par l’Egypte (1997/1998) en coproduction avec l’Odéon-Théâtre de l’Europe, Pièces courtes, des dramaticules de – Quoi Où, Catastophe, et Pas de Samuel Beckett (1998). Rondes de nuits (2001) Scènes Nationales Annecy et Chambéry/ MC93 Bobigny autour de Rameau d’or de Frazer ; Impression d’OEdipe (1999-2001) au TGP/Saint-Denis.
Un compagnonnage entre la compagnie et Les Subsistances à Lyon aboutit à Est-il vrai que je m’en vais ? Carnet de route Franco-Malien (2002). De la part du Ciel d’après un essai scientifique de Camille Flammarion (2003) et Une Aire Ordinaire essai autour des textes de Donald Winnicott (2004)
Entre 2002 et 2004, Bruno Meyssat s’attèle également à une nouvelle version pour cinq voix d’Exécuteur 14 de Adel Hakim au Pérou et en Argentine. En 2005-2006, création de De la part du Ciel (version finale) et de 1707, il primo omicidio d’après l’oratorio Cain de Alessandro Scarlatti avec l’Opéra national de Lyon. A l’automne 2006, il recrée Catastrophe et Quoi Où de Beckett au Théâtre Sétagaya de Tokyo. En 2008, il crée Forces 1915-2008, diptyque à partir de la pièce d’August Stramm (création française). Au Japon un séjour à Hiroshima en 2009 est à l’origine d’Observer au Théâtre de Gennevilliers. En 2011, il crée Le Monde Extérieur en lien avec l’actualité au Théâtre des quartiers d’Ivry et 15% en 2012 au Festival d’Avignon
En outre, il enseigne dans les écoles d’acteurs du TNB (Rennes), du TNS (Strasbourg) de La Comédie de Saint Étienne, à l’ENSATT (Lyon) et à l’étranger. Il est intervenu au CCN de Montpellier et au CCN de Lyon.


 

Avec les élèves de 1ère année (promotion 27) de L’École de la Comédie
Arthur Amard, Lou Chrétien-Février, Valentin Clerc, Margaux Desailly, Alicia Devidal, Luca Fiorello, Simon Terrenoire, Guillaume Trotignon, Maybie Vareilles, Elsa Verdon

 

Sous la direction de  Bruno Meyssat