White room - atelier d'interprétation

Alexandra Badea / Cyril Teste / Collectif MxM

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L'Usine


Atelier d'interprétation
du lun. 11 au ven. 15 janv
.
du lun. 2 mai au mer. 8 juin


Ouvertures publiques d'atelier
jeu. 9, et ven. 10 / 20 h
sam. 11 juin
/ 18 h

 

Billetterie

White room est une expérience en réseau qui propose de vivre une double vie, via visioconférence sur du long terme. Dans White room il n’y a pas d’avatar, tu es ton propre avatar et tu dois vivre l’expérience dans ton environnement naturel.

On peut se voir et se donner des rendez-vous à des heures précises pour vivre, partager des moments de vie ensemble. La règle est simple : ne jamais se voir en dehors de ce cadre, celui de la webcam. Cette double vie peut se manifester de différentes façons, à travers des relations amoureuses, relations familiales, relations de travail fictives. Autant de scénarii possibles que l’on précise avant de s’inscrire dans White room pour définir notre profil. Un jeu de rôle réaliste via visioconférence. Le jeu commence. Rencontre ton correspondant idéal.

Dans White room, Alice incarne une figure contemporaine de notre société qui oscille entre intimité et désincarnation. Ici le monde vient à elle mais elle ne va plus au monde. Alice dans cet environnement numérique qui l’entoure, écrit peu à peu son isolement, son incapacité à trouver du corps autrement que par les images et les textos qui l’obsèdent, via cette plateforme. De l’isolement à la solitude, c’est cet enjeu qui semble être sans cesse remis en cause dans sa propre histoire. Et si le monde vient à elle à travers les outils de communication, en n’est-elle pas moins réelle dans ses sentiments ? Aime-t-elle l’autre ? Et si oui l’aime-t-elle autrement?

Vous êtes là, vous êtes seuls. Les messages visuels et sonores s’amoncellent. Il n’y a plus d’attente, plus de silence. Webcams, ordinateurs, etc. Dans ce flux, errent des individus-clients et leurs solitudes. Eux qui existaient en dehors de l’image, perdent leurs identités, leurs corps devenus objets de consommation, contenants au contenu perdu au sein desquels perdure le manque d’amour. Ils ne cessent de chercher la présence de l’autre et peinent à ressentir la proximité d’un instant. S’inspirant des chatrooms, des sites de rencontres et du langage marketing, White room questionne la mise en relation sans relation, déploie la question du sentiment dans l’espace virtuel. Sommes-nous réellement à l’origine de nos choix et désirs ? Aimons-nous moins en aimant dans une autre fiction ?

Aujourd’hui opposer la réalité et la fiction ne semble pas la bonne dualité ; ce qui nous oppose ou nous rapproche de notre désir s’apparente plus à la fiction. Ce qui aujourd’hui produit du virtuel passe d’abord par la capacité de se raconter des histoires, de les raconter aux autres.

White room est une quête identitaire sans préjugé qui observe un état, une société, une personne qui erre à la recherche d’un homme perdu. Ses sentiments sont pour autant intacts alors que l’homme perdu s’avère être un simple avatar.
Telle une Alice underground des temps nouveaux, nous avons voulu traiter le sujet avec beaucoup de bienveillance et ne pas juger cette génération qui fait des technologies actuelles un véritable environnement naturel, sociétal, amoureux. Mais, comment à travers cet état de fait, sommes-nous capables de rester au plus profond de nous-mêmes sans perdre de vue nos véritables désirs ?


Cyril Teste



Les recherches menées par MxM sur la grammaire commune du théâtre et de l’image mènent aujourd’hui naturellement à une convergence idéale du processus, de la forme et du sujet. Electronic City annonçait déjà ce que le collectif développe depuis 2011 : la performance filmique, une écriture théâtrale qui s’appuie sur un dispositif cinématographique en temps réel et à vue, en décor naturel ou au plateau. Cette forme performative, en rupture avec l’esthétisme des projets théâtraux du collectif, injecte dans le temps du cinéma le présent du théâtre, créant ainsi une seule image, éphémère et unique. C’est un nouveau défi artistique et technique, une nouvelle écriture scénique et cinématographique, réalisation formelle de ce qui fonde le travail de MxM : la fictionnalisation du réel. Comme le Dogme95 établissait au cinéma les règles de nouveaux enjeux créatifs, la performance filmique s’identifie par une charte qui démarque son territoire de création :

1. la performance filmique est une forme théâtrale, performative et cinématographique
2. la performance filmique doit être tournée, montée et réalisée en temps réel sous les yeux du public
3. la musique et le son doivent être mixés en temps réel
4. la performance filmique peut se tourner en décors naturels ou sur un plateau de théâtre, de tournage
5. la performance filmique doit être issue d’un texte théâtral ou d’une adaptation libre d’un texte théâtral
6. les images préenregistrées ne doivent pas dépasser 5 minutes et sont uniquement utilisées pour des raisons pratiques à la performance filmique
7. le temps du film correspond au temps du tournage

À la suite de Patio et Park, Nobody d’après Falk Richter, créée dans le cadre du Printemps des Comédiens en 2013 in situ et en 2015 au plateau, signe l’acte de naissance de la performance filmique.


Collectif MxM


 

Alexandra Badea

Née en 1980 Alexandra Badea est auteure, metteure en scène et réalisatrice.
Ses premiers textes Mode d'emploi, Contrôle d'identité et Burnout sont publiés en septembre 2009 chez l'Arche Editeur. Mode d’emploi a été primé aux Journées des Auteurs de Théâtre de Lyon. Burnout a été crée en mars 2013 au CDN de Reims dans la mise en scène de Jonathan Michel. Le texte est traduit en portugais et crée à l'Institut Français de Lisbonne.
Elle a crée ses propres textes Contrôle d'identité et Mode d'emploi au Tarmac à Paris.
En octobre 2012 elle publie un deuxième livre Pulvérisés  chez l'Arche Editeur. Le texte a été crée au Théâtre National de Strasbourg et au CDN d'Aubervilliers par Jacques Nichet et Aurélia Guillet et a été mis en voix à France Culture par Alexandre Plank. Le texte traduit en allemand est sélectionné au Festival Theatertreffen de Berlin et sera crée à Hanovre, à Graz et en Suisse.
Son premier roman Zone d'amour prioritaire est paru en février 2014 chez l'Arche Editeur. Il a fait l'objet d'une adaptation et d'une représentation au Festival d'Avignon 2013 dans la mise en scène de Frédéric Fisbach.
Son premier scénario Solitudes est réalisé par Liova Jedlicki en décembre 2011, sélectionné au Festival de Clermont Ferand et diffusé sur France 2 le 3 février 2013. Le film remporte le prix d'interprétation féminine, la mention de la presse et la mention du jury au Festival de Clermont Ferand ainsi que le Prix du Jury et Prix du Jury Jeune au Festival d'Ales et le Grand Prix au Festival International de Barcelone.
Elle a été auteure associé dans la saison 2010-2011 au Théâtre Théo Argence de Saint Priest et en 2011-2012 à Mains d’œuvre dans le cadre du dispositif de résidences d’auteurs de la région Ile de France où elle a écrit le texte Je te regarde.
En septembre 2012 elle est partie au Japon pour une résidence d'écriture dans le cadre du projet Partir en écriture du Théâtre de la Tête Noire de Saran où elle a écrit le texte La terre tremble.
En 2013 elle écrit le texte Europe connexion, suite à une commande de France Culture. Le texte a été diffusé sur France Culture en septembre dans le cadre de l'émission Micro fictions.

En 2014 elle participe au projet Binôme (art et sciences) où elle écrit le texte Extrémophile.
Son troisième recueil de pièces : Je te regarde, Europe connexion, Extrémophile est paru à l’Arche en mai 2015.
Elle est lauréate du Centre National du Livre pour l'écriture du texte Breaking the news qui sera crée prochainement à la Comédie de Reims.
Alexandra Badea réalise aussi une série de performances d’écriture en direct Mondes, présentés jusqu’à présent à Théâtre Ouvert et au Festival de Correspondance de Grignan.
Au cinéma elle réalise deux courts métrages 24 heures et Le monde qui nous perd.
Alexandra Badea est lauréate du Grand Prix de la Littérature Dramatique 2013.

Cyril Teste

Cyril Teste s’intéresse à la peinture avant d’être attiré par le théâtre. Des rencontres avec des univers d’artistes, comme Bob Wilson, Bruce Nauman et Bill Viola, ont forgé son approche de la scène, où le texte n’est pas central.
Il est formé aux arts dramatiques à l’École régionale d’acteur de Cannes, puis au Conservatoire national supérieur de Paris.
C’est sur la volonté d’ouvrir l’espace scénique en développant un jeu entre l’artificiel et le vivant que se constitue, en 2000, le Collectif MxM. Cyril Teste en est le metteur en scène, entouré d’une équipe comprenant comédiens, vidéaste, compositeur, dramaturge, scénographe, cadreur et éclairagiste, dont la composition se modifie au gré des spectacles proposés. Ce groupe fonctionne selon un système à l’horizontale et non pyramidal, chaque intervenant pouvant développer des projets personnels en dehors des projets collectifs. Dès leur premier spectacle, Alice Underground d’après Alice au pays des merveilles, les membres de MxM s’interrogent sur le processus de fabrication des images, et non sur l’image toute faite, en explorant le potentiel des nouvelles technologies. Ne négligeant jamais les textes, ils présentent, après Lewis Carroll, un travail à partir de Sophocle, Anatomie Ajax, puis trois pièces écrites par Patrick Bouvet, dont Direct/Shot joué en 2004 au Festival d’Avignon, avant de traverser l’oeuvre de Falk Richter dans Electronic City. À partir de 2007, Cyril Teste devient aussi auteur pour Romances, .0 poésie sonore, puis pour Reset, spectacle créé en 2010 qui s’inscrit dans un diptyque sur le thème de l’enfance, dont SUN sera le second volet. En état de recherche permanente, se questionnant sans cesse sur le mode de représentation, le Collectif MxM propose un théâtre où texte, images, lumière et son participent à part égale à la création.


 

Avec les élèves de 2e année (promotion 27) de L’École de la Comédie
Arthur Amard, Lou Chrétien-Février, Valentin Clerc, Margaux Desailly, Alicia Devidal, Luca Fiorello, Simon Terrenoire, Guillaume Trotignon, Maybie Vareilles, Elsa Verdon
et deux élèves de l'ENS Lyon Perrine Guerin et Agathe Peyrard

de Alexandra Badea
mise en scène Cyril Teste

compositeur Nihil Bordures
assistante à la mise en scène Marion Pellissier
chef opérateur Nicolas Doremus
créateur lumière Julien Boizard, Guillaume Allory
cadreur Christophe Gaultier
régisseur son Thibault Guerrero-Lamy
régisseurs généraux Guillaume Allory, Yannick Verot

 

Production L’École de la Comédie de Saint-Étienne – École supérieure d’art dramatique
Coproduction Collectif MxM


 

Alexandra Badea est représentée par L'Arche, agence théâtrale.
www.arche-editeur.com

 

 



Atelier d'interprétation avec Cyril Teste, mai-juin 2016
Crédit photos : © Sonia Barcet

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