Écrire « Je », jouer « Je » - journée d'études

Responsable scientifique : Olivier Neveux, professeur, Université Lumière - Lyon 2


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L'Usine

 

   

Journée d'études co-organisée avec l’Équipe d’accueil « Passages XX-XXI » (EA 4160) avec le soutien de la Faculté des Lettres, Sciences du Langage et Arts – Université Lumière Lyon 2


En écho avec l’atelier d’interprétation dirigé par Guillaume Béguin à partir d’Autoportrait d’Édouard Levé, à L’École de la Comédie de Saint-Étienne du 14 mars au 16 avril 2016,
avec les élèves-comédien(ne)s de 2e année (promotion 27)

sam. 2 avril à partir de 9 h 30
Entrée libre / Réservation conseillée

Aussi complexes et différents soient-ils, Antigone, Dom Juan, Nina ou Estragon disent «  Je  » et, ainsi, se déploie la fiction : un «  "Je"    à la troisième personne  », écrivait Michel Corvin dans son ouvrage L’Homme en trop.
Ce «  Je  » s’avère bien évidemment plus trouble qu’il n’y parait à la première écoute, au premier regard. Pour le dire, toujours avec Corvin : «  Fixer l’être dans une personne grammaticale est aussi dérisoire que de réduire la réalité d’un individu aux traits de l’espèce à laquelle il appartient  »… Les études théâtrales ont, à cet égard, plus d’une fois, interrogé la forme même du personnage de théâtre tout autant qu’analysé ses crises, ses mutations, ses réinventions. Et perturbé l’évidence du «  Je  » des personnages. D’important(e)s dramaturges ont d’ailleurs joué avec les identités, introduit le «  Il  », le «  Elle  » ou d’autres propositions – chorales, par exemple – pour en neutraliser l’omniprésence.
L’apparition d’écritures dramatiques autobiographiques ou autofictionnelles assumées a complexifié un peu plus cet état de fait. «  Je  » n’est plus (seulement) de fiction : qui est-il donc ? À qui renvoie-t-il ?
La présence d’un «  Je  » (auto)biographique au théâtre peut être prise en charge par un personnage ; elle peut se disséminer ça et là tout autant que modifier l’écriture même du théâtre. Comment s’énonce, en effet, le «  Je  » de l’auteur(e) de théâtre dans son écriture ? La question se déplace vers les plateaux. Comment ce «  Je  » s’incarne-t-il ? Comment advient-il ? Le «  Je  » n’est pas seulement celui (fantasmé ?) de l’auteur(e) voire des comédien(ne)s. Il peut être emprunté à d’autres réalités, issu de récits, d’enquêtes, d’entretiens. Le travail des comédien(ne)s, des metteur(e)s en scène se trouve-t-il alors confronté à d’autres questions – esthétiques, éthiques, politiques ?
De telles interrogations ne peuvent se mener en suspendant le théâtre au-dessus du monde. Au cœur de la pensée contemporaine, d’importants travaux en sciences sociales et en philosophie, ont pris pour objets «  l’identité  », «  le biographique  » ou «  la personne  ». La pratique théâtrale contemporaine peut-elle être éclairée par ceux-ci tout autant, à son tour, qu’éclairante pour envisager la question de l’identité, de la subjectivité, de ce qui les bride, les défait, les configure, les métamorphose ?
 
La journée d’études mêlera des chercheur(e)s et des artistes. Elle propose de réfléchir à ce qu’implique la présence, revendiquée et à vue, du geste (auto)biographique dans l’œuvre théâtrale.




9 h 30       Accueil des participant(e)s

10 h 00     Mot d’accueil

10 h 15     Olivier Neveux (Université Lumière Lyon 2) : « L’œuvre d’une vie »

10 h 45     Martine Boyer-Weinmann (Université Lumière Lyon 2) : « "En art, retirer est parfaire" : à propos d’Édouard Levé »

11 h 30     Pause

11 h 45     Lecture par la promotion 27, présentée par Guillaume Béguin

12 h 15     Discussion avec Guillaume Béguin

14 h 15     Ulysse Caillon (Université Lumière Lyon 2) : « De l’autobiographique à l’intime : le dévoilement de soi sur la scène contemporaine »

14 h 45     Julie Valero (Université Grenoble Alpes) : « La mise en scène du "Je" dans l’écriture dramatique de Didier-Georges Gabily »

15 h 15     Leïla Adham (Université de Poitiers) : « Lorsque "Je" n’est plus un autre »

16 h 15     Pause

16 h 30    Table ronde : Marine Bachelot Nguyen, Laurent Hatat

17 h 45    Clôture de la journée d’études