Présentation

Je pose des questions non sur le socialisme, mais sur l’amour, la jalousie, l’enfance, la vieillesse. Sur la musique, les danses, les coupes de cheveux. Sur les milliers de détails d’une vie qui a disparu. C’est la seule façon d’insérer la catastrophe dans un cadre familier et d’essayer de raconter quelque chose.

Depuis plus d’une dizaine d’années maintenant, le metteur en scène Emmanuel Meirieu porte des romans à la scène. Il s’empare cette fois du livre de Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature en 2015. Pendant quarante ans, l’écrivaine biélorusse a parcouru son pays, l’ex URSS, et enregistré des centaines de témoignages pour écrire ce qu’elle appelle des « romans de voix », œuvres polyphoniques dans lesquelles elle a recueilli tout ce dont la grande Histoire ne tient jamais compte, l’Histoire laissée de côté. Dans La Fin de l’homme rouge, elle donne à entendre les voix des témoins brisés de l’époque soviétique, voix suppliciées des goulags, voix des survivant.e.s et des bourreaux, voix magnifiques de ceux.celles qui ont cru qu’un jour « ceux. celles qui ne sont rien deviendraient tout », et sont aujourd’hui orphelin.e.s d’utopie.

Dans un vaste espace qui pourrait ressembler à une salle de classe depuis longtemps dévastée, des hommes et des femmes se succèdent pour nous livrer ces confessions d’une rare intensité. Ils sont sept au total, sept magnifiques comédien.ne.s sans d’autre appui de jeu qu’un micro sur pied. Avec une sincérité bouleversante, ils nous livrent ces paroles prégnantes et magnifiques, parce qu’indispensables.

Distribution

d’après Svetlana Alexievitch | adaptation et mise en scène Emmanuel Meirieu | traduction Sophie Benech | avec Stéphane Balmino, Evelyne Didi, Xavier Gallais, Anouk Grinberg, Jérôme Kircher, Maud Wyler, André Wilms et la voix de Catherine Hiegel | musique Raphaël Chambouvet | costumes Moïra Douguet | maquillage Roxane Bruneton | lumière, décor, vidéo Seymour Laval et Emmanuel Meirieu | son Raphaël Guénot et Felix Muhlenbach | ©  N. Martinez

 

production La Criée – Théâtre national de Marseille ; Le Bloc Opératoire | coproduction ExtraPôle Provence-Alpes-Côte d’Azur* ; Les Gémeaux/Sceaux – Scène nationale ; Les Théâtres – Théâtre du Jeu de Paume à Aix-en-Provence ; Le Liberté – scène nationale de Toulon ; Le Théâtre national de Nice – CDN ; L’Arc Le Creusot ; Châteauvallon Scène nationale ; DSN Dieppe Scène nationale | *Plateforme de production soutenue par la Région SUD Provence-Alpes-Côte d’Azur rassemblant le Festival d’Avignon, le Festival de Marseille, le Théâtre national de Nice, le Théâtre national de la Criée, Les Théâtres, Anthéa, la Scène nationale Liberté-Châteauvallon et la Friche la Belle de Mai

Autour du spectacle

| rencontre en bord de scène | jeu. 14 novembre | à l’issue de la représentation
| projection Cinémathèque | Good Bye Lenin de Wolfgang Becker (2003) | jeu. 14 novembre | 14 h 30 | présentée par Emmanuel Meirieu