présentation

Ils.elles s’appellent Frédérique, Samuel, Vincent, Edith, Alexandre, Adam et Rebecca pour les uns, Sara, Delphine, Selma, Youssef, Louis, Bruno et Nour pour les autres. Ils.elles pourront croiser sur une autre rive les destins de Jean, Luc, Etienne, Claire, Solange, Lola, Mehdi et Pauline… Trois histoires d’eau qui s’entrecroisent sur un ponton. Les vagues de l’océan renferment le souvenir d’un amour adolescent sur une île… Une enfance noyée refait surface d’entre les eaux troubles d’un marais mouillé. Un lac face aux montagnes attend les cendres d’un frère prodige, mal aimé, tant aimé…
Après avoir improvisé autour des œuvres de Jean-Luc Lagarce, Anton Tchekhov et Patrice Chéreau, les onze élèves comédien.ne.s de la promotion 29 de l’École de la Comédie de Saint-Étienne se sont imprégné.e.s de ces figures pour écrire leur propre fiction improvisée au plateau.
Laisser surgir le réel, montrer la vie sur scène, mettre au défi l’acteur et le personnage, les faire se confronter l’un l’autre et chercher jusqu’où ils.elles se ressemblent, tel était le point de départ de notre création collective…
Qu’ils.elles soient dans le dénuement, l’exclusion, la marginalité, la solitude, l’amour, la maladie ou devant la mort, ces 22 personnages dans le vif des sentiments, au cœur même de la force et de la vulnérabilité humaine, s’entremêleront au fil de l’eau…

Et le Poète dit qu’aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis,
Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.

RIMBAUD : Ophélie (1870) Poésies

Julie Deliquet

Distribution

Écriture collectiveLina ALSAYED, Yohann-Hicham BOUTAHAR, Julie DELIQUET, Ambre FEBVRE, Brahim KOUTARI, Chloé LAABAB, Jonathan MALLARD, Elise MARTIN, Djamil MOHAMED, Julia ROCHE, Richard SANDRA, Mikaël TREGUER, Pierre VUAILLE |  mise en scène Julie DELIQUET | collaboration Artistique et dramaturgie Richard SANDRA | scénographie Zoé PAUTET et Julie DELIQUET | création lumières Caroline VANDAMME | Création sonore François SALLÉ | Distribution de l’Île Yohann-Hicham BOUTAHA Vincent, ancien amant de Frédérique et Samuel, Ambre FEBVRE Frédérique, ancienne amante de Samuel et Vincent, Brahim KOUTARI Adam, ami de Samuel, Elise MARTIN Edith, compagne de Vincent, Julia ROCHE Rebecca, agent immobilier, Mikaël TREGUER Samuel, ancien amant de Frédérique et Vincent, Pierre VUAILLE Alexandre, mari de Frédérique | Distribution du Marais Lina ALSAYED Sara, la cadette, Brahim KOUTARI Youssef, le cadet, Chloé LAABAB Nour, compagne de Selma, Elise MARTIN Selma, la benjamine, Djamil MOHAMED Bruno, compagnon de Sara, Julia ROCHE Delphine, la soeur ainée, Mikaël TREGUER Louis, le voisin | Distribution du Lac Lina ALSAYED Claire, petite amie d’Etienne, Yohann-Hicham BOUTAHAR Lola, amie de Luc Ambre FEBVRE Pauline, saisonnière, Chloé LAABAB Solange, amie de Luc Jonathan MALLARD Luc, un des jumeaux artiste Jean, un des jumeaux artisan, Djamil MOHAMED Mehdi, acteur de Luc Werner, Pierre VUAILLE Etienne, cadet des jumeaux

 

 

Luc Werner (1990-2020)

Fils d’un médecin de Haute-Savoie, Philippe Vautaz et d’une libraire, Martine Blanjoue, Luc Blanjoue-Vautaz a un frère jumeau, Jean. Leurs parents divorcent, les jeunes Luc et Jean ont alors onze ans et leur petit frère, Etienne, un an. Leur mère se remarie avec un journaliste.
Bénéficiant d’une éducation libérale, voire libertaire, Luc s’intéresse très jeune et de manière autonome au cinéma, dévorant film sur film. Pourtant il n’accomplit pas son voeu de faire une école de cinéma, sans obtenir le baccalauréat, il n’est pas admis à La Fémis. Il vit de divers métiers tout en voyageant à travers le monde. Il réalise un premier court-métrage (Reflet) qui semble avoir été perdu. Il réalise Les Contes du lac, un hommage aux films d’Éric Rohmer tourné sur les lieux de son enfance ; puis il finit par collaborer avec des troupes de théâtre expérimental. Il se fait connaître pour ses mises en scène qui relisent de manière anticonformiste des textes classiques ou valorisent des oeuvres contestataires. Il fonde sa propre troupe, Le Théâtre de l’échec renversé, pour laquelle il écrit la majorité de ses pièces de théâtre et change dans cet élan son nom de famille. Luc, désormais Werner puise son inspiration dans la littérature réaliste, le cinéma surréaliste, revendique également une filiation avec la Nouvelle Vague. Dans une moindre mesure, l’oeuvre de Werner porte l’empreinte de Jean-Luc Godard pour sa relecture critique des genres classiques, son art de la citation, son contenu sociologique, politique ou militant et son goût de l’expérimentation (faux raccord, dialogues en décalage, mouvements de caméra ou plans identiques répétés d’un personnage à l’autre, etc.). En incluant ces diverses influences dans une démarche artistique singulière, Luc Werner entreprend son premier projet cinématographique avec sa troupe. Ainsi nait L’amour est plus fort que la mort, moyen-métrage tourné entièrement sur une île, qui remporte le prix « Un Certain Regard » au Festival de Cannes. Il ne distingue pas les techniques théâtrales de celles du Septième Art ; de fait, il accouche de nombreuses pièces de théâtre tout en produisant en un temps record des films alternatifs. La vie et le travail de la troupe ne font qu’un, ce qui explique pour partie la fécondité de Luc Werner qui, en l’espace de sept ans, a réalisé trente films. Après la mort brutale de sa mère, dans un accident de voiture en Italie, Luc Werner réalise ce qui deviendra son film le plus célèbre Les lunes de Lola, film qui porte sur le mal de vivre d’une femme transgenre qui obtient l’Ours d’or du Festival du film de Berlin.
Luc Werner meurt au Vietnam le 2 août 2020 d’une pneumonie à seulement trente ans, en plein tournage de son dernier film, L’Amant Japonais, inspiré du roman de Marguerite Duras. Certains affirment que son décès est consécutif à un mélange de cocaïne et de benzodiazépine ou qu’il s’est peut-être suicidé ou qu’il était séropositif.
Le lendemain de sa mort, le journal Libération titrait « La mort a été plus forte cette fois-ci » en hommage au cinéaste prodige. Après des obsèques officielles au Père Lachaise, on pense que ses cendres ont été dispersées en privé sur le lac de son enfance.