Lear – Laquelle de vous m’aime le plus ?
Je veux donner la meilleure part
à celle qui fera du langage l’égal de la nature.
Metteur en scène et acteur, on ne présente plus Georges Lavaudant qui a consacré sa vie au théâtre, à Grenoble, au TNP de Villeurbanne et au Théâtre de l’Odéon, à Paris, qu’il a dirigé pendant dix ans. On ne présente pas non plus Le Roi Lear, « pièce-chaos » comme se plaît à la surnommer le metteur en scène, dans laquelle un vieil homme, las de son pouvoir et de ses richesses, choisit de juger l’amour de ses filles et de leur léguer les parts de son royaume au terme d’un étrange concours d’éloquence. De l’impuissance de la benjamine à « dire » son amour dans toute sa sincérité et dans toute sa justesse, découle la déraison du roi et un formidable déchainement de violence. « Monter Lear », nous dit Lavaudant, « ce n’est pas répondre à des questions, mais s’engager dans l’aventure qui consiste à se les poser. C’est essayer de rendre un peu d’éclat à ces questions, et à ces lumières d’humanité – la fidélité, l’amitié, la pitié, l’amour aussi – en les rendant sensibles, visibles, incarnées ».
Pour ce faire, Lavaudant réunit autour de ce très grand comédien qu’est Jacques Weber, une distribution d’exception.